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Elus engagés sur le handicap : la parole à Stéphane Viry, Député des Vosges et Christine Le Nabour, députée d'Ille-et-Vilaine
Publié le 1 juin 2026
Politique générale
Stéphane VIRY, Député des Vosges (LIOT)
Mon engagement pour le handicap s'est construit progressivement dans le cadre de mon mandat de Député, nourri par les rencontres de terrain dans les Vosges auprès des associations, entreprises adaptées et ESAT. Ces échanges m'ont convaincu que chacun peut travailler, encore faut-il en donner les moyens.
Je défends l’objectif du « Travailler Tous » car le travail porte des valeurs essentielles : indépendance, inclusion, participation à la vie de la Nation. C'est par ce prisme de l'emploi que j'ai abordé les enjeux du handicap, rencontrant des acteurs comme Cap emploi ou l’AGEFIPH qui lèvent les freins à l'insertion professionnelle.
Je suis convaincu que le handicap doit être un levier d'innovation pour nos politiques publiques : ce qui fonctionne pour les personnes en situation de handicap bénéficie à tous. Cette approche transversale guide mon action parlementaire.
Deux chantiers me semblent prioritaires. D'abord, renforcer l'effectivité de la lutte contre les discriminations dans la sphère professionnelle. J'ai déposé une proposition de loi en ce sens, cosignée par de nombreux collègues, pour rendre pleinement applicables les droits existants et lever les obstacles, y compris involontaires, à l'insertion.
Ensuite, inverser le paradigme : les parcours doivent s'adapter aux aspirations des personnes, et non l'inverse. Trop souvent, ce sont les personnes qui doivent se conformer aux limites de l'offre médico-sociale ou d'accessibilité.
Dans mon action législative, notamment lors des débats budgétaires, j’œuvre autant que possible pour protéger les crédits du travail adapté contre les coupes arbitraires. Le handicap ne peut être une variable d'ajustement.
Accompagner une personne en situation de handicap vers l'emploi est un investissement humain : c'est croire en elle !
Christine LE NABOUR, Députée d'Ille-et-Vilaine (EPR)
co-présidente du groupe d'études Handicap et Inclusion, co-rapporteure de la mission d'évaluation de la loi du 11 février 2005
Ma conviction est d'abord intime : j'ai grandi avec un papa en fauteuil roulant. Très tôt, j'ai compris ce que signifie le manque d’autonomie par manque d’accessibilité des logements, des transports, des trottoirs, des établissements recevant du public. En 1971, handicap rimait trop souvent avec incapacité. Depuis mon élection en 2017, c’est naturellement que j’ai orienté une grande partie de mes travaux vers les sujets liés au handicap avec l’ambition d’améliorer la vie des personnes en situation de handicap et leur donner le pouvoir d’agir.
En 2023, j'ai co-rapporté la loi pour le Plein emploi dans laquelle le titre III a introduit des avancées significatives pour favoriser l'accès à l'emploi des personnes handicapées.
Je co-préside le groupe d'études "Handicap et Inclusion" de l'Assemblée nationale.
J’ai conduit avec mon collègue Sébastien Peytavie, une mission d'évaluation de la loi du 11 février 2005. Nous avons auditionné plus de 70 acteurs et donné la parole aux personnes concernées via la consultation en ligne « Rien sans nous ».
Notre rapport, rendu en juillet 2025, comporte 86 propositions. La loi de 2005 a donné un cadre mais la promesse d’une société inclusive reste une promesse non tenue. Avec Sébastien Peytavie, nous portons une proposition de loi pour mettre la définition française du handicap en conformité avec la Convention de l'ONU, consacrer le droit à l'autodétermination, supprimer la liste discriminatoire des emplois exigeant des aptitudes particulières (ECAP) et rétablir l’obligation de rendre accessible 100 % des logements neufs, supprimée dans la loi Elan. Nous devons trouver le parfait équilibre entre accessibilité universelle et compensation individuelle, continuer à sensibiliser et former.
Nous sommes ou serons tous concernés directement ou indirectement.
N’oublions pas de prendre soin de ceux qui accompagnent, des aidants familiaux et professionnels.
C’est une politique transversale qui demande des moyens. Derrière il y a des êtres humains qui ne demandent qu’à vivre dignement, qu’à être des citoyens à part entière.
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